Mémoires imaginaires
Travailler sur l’imaginaire, c’est aussi se préparer à l’avenir.
Une nouvelle voie pour la prévention
Personne ne souhaite être confronté à une catastrophe naturelle ou technologique, et pourtant cela peut survenir dans nos vies. Si nous nous préparons à cette éventualité, nos attitudes, nos actes, nos constructions, notre vécu, notre solidarité et notre résilience seront bien meilleurs.
Mais comment faire ? L’imaginaire, qui est le propre de l’être humain, recèle une immense puissance constructive et communicative qui peut nous aider sur ce chemin. Et c’est accessible à tou·te·s !
Pour contribuer à cette anticipation de façon créative, ludique et collective, L’Institut pour l’Histoire et la Mémoire des Catastrophes a proposé le 5 octobre 2024 avec l’appui de Benoît Labourdette un atelier public de réalisation de courts films d’animation avec du papier découpé, pour développer l’imaginaire, anticiper, rêver aussi, seul, en famille ou en groupe… Aux côtés de l’AFPCNT qui délivrait en amont un message de prévention et culture du risque, chacun a été invité sous la guidance du pédagogue Benoît Labourdette à construire son propre chemin de prévention. Créer des collages animés puis partager ces films sont autant d’outils de prévention accessibles face aux risques de catastrophes.
Les films d’animation sont disponibles sur la chaîne YouTube de l’AFPCNT.
Et le récit du projet sur le site web de Benoît Labourdette : https://www.benoitlabourdette.com/ingenierie-culturelle/ateliers-creatifs-ouverts/cree-ton-film-sur-l-imaginaire-des-catastrophes?lang=fr
Être encouragé à développer son imaginaire, créer des formes artistiques, rêver, et même s’amuser ensemble : c’est se préparer à l’impensable, voire à l’inimaginable lié aux effets du dérèglement climatique. C’est aussi cultiver la sensibilité à ses capacités, ses compétences et son humanité. Passer par le ludique et l’imagination est un chemin très solide pour la prévention des risques, c’est à dire la préparation à affronter le réel futur ; le psychanalyste Donald Winnicott l’a très bien montré (“Jeu et réalité”, 1971). Le psychanalyste Serge Tisseron a pour sa part prouvé que la symbolisation (c’est-à-dire la construction et la perception de soi comme sujet du monde) nécessitait de passer par le corps, dont les images témoignent, autant que par les mots. Le corps ne remplace pas les mots, les images ne remplacent pas le corps, et les mots ne remplacent pas les images. Les trois sont à la fois complémentaires et indispensables. Et dans tous les cas, ces témoignages nécessitent l’existence d’un tiers qui les valide, et qui nous permet de trouver notre propre place en même temps que celle des autres, dans le cheminement vers une résilience collective face aux catastrophes passées et aux risques de catastrophes à venir.