Témoignages

  • Le 10 mars 1906

    10 MARS 1906 Dans la nuit étoilée et fraîche, bien emmitouflés, la musette pendue à l'épaule, les mineurs affectés au poste du matin gagnent par petits groupes leur fosse respective. Les jeunes devisent gaiement : demain, c'est dimanche. Quant aux plus âgés, ils s'interrogent sur le feu qui couve dans la veine Cécile ; on en parle tant ! Ils ne cachent pas leur anxiété. Arrivés sur le carreau de la mine après avoir passé entre les deux battants d'une haute grille en fer forgé qui y donne accès, l'atmosphère de travail avec ses préliminaires habituels reprend ses droits.

  • Plus de survivants?

    Et pourtant ... Ce samedi 10 mars, à 6 heures, on travaillait dur dans les veines Ste-Barbe et Adélaïde de la fosse 3. Soudain, un bruit sourd, prolongé. Tel le roulement du tonnerre. Un coup de mine dans les parages? ...

  • Le lendemain...

    SOMBRE LENDEMAIN Sur le carreau de la fosse 2, une femme va et vient. Pleurant. Sanglotant. Toute la nuit, elle est restée là. Debout. Marchant. Tournant en rond. Elle ne veut pas partir. Elle veut revoir, vivants ou morts, ses trois fils ...

 

Le 10 mars 1906

par Bernard B

10 MARS 1906 Dans la nuit étoilée et fraîche, bien emmitouflés, la musette pendue à l'épaule, les mineurs affectés au poste du matin gagnent par petits groupes leur fosse respective. Les jeunes devisent gaiement : demain, c'est dimanche. Quant aux plus âgés, ils s'interrogent sur le feu qui couve dans la veine Cécile ; on en parle tant ! Ils ne cachent pas leur anxiété. Arrivés sur le carreau de la mine après avoir passé entre les deux battants d'une haute grille en fer forgé qui y donne accès, l'atmosphère de travail avec ses préliminaires habituels reprend ses droits.