Témoignages

  • « Une chance comme celle là on n’en a pas deux dans sa vie »

    Ce vendredi là, Anna S n’a pas entendu sonner son réveil. C’est donc à jeun, en pestant un peu que son mari Stéphan s’est rendu à la fosse, au 3 de Lens à Liévin. Quand il est arrivé au fond à moins 710 m dans le chantier des Six sillons il était un peu plus de 6 h du matin. Il a décidé de d’abord casser la croûte. C’est sous une encoignure qu’ils se sont assis un collègue et lui. Ils ont sorti les tartines. Quelques minutes après tout explosait

  • Le 10 mars 1906

    10 MARS 1906 Dans la nuit étoilée et fraîche, bien emmitouflés, la musette pendue à l'épaule, les mineurs affectés au poste du matin gagnent par petits groupes leur fosse respective. Les jeunes devisent gaiement : demain, c'est dimanche. Quant aux plus âgés, ils s'interrogent sur le feu qui couve dans la veine Cécile ; on en parle tant ! Ils ne cachent pas leur anxiété. Arrivés sur le carreau de la mine après avoir passé entre les deux battants d'une haute grille en fer forgé qui y donne accès, l'atmosphère de travail avec ses préliminaires habituels reprend ses droits.

  • Plus de survivants?

    Et pourtant ... Ce samedi 10 mars, à 6 heures, on travaillait dur dans les veines Ste-Barbe et Adélaïde de la fosse 3. Soudain, un bruit sourd, prolongé. Tel le roulement du tonnerre. Un coup de mine dans les parages? ...

 

« Une chance comme celle là on n’en a pas deux dans sa vie »

par Rescapés catastrophe de Liévin

Ce vendredi là, Anna S n’a pas entendu sonner son réveil. C’est donc à jeun, en pestant un peu que son mari Stéphan s’est rendu à la fosse, au 3 de Lens à Liévin. Quand il est arrivé au fond à moins 710 m dans le chantier des Six sillons il était un peu plus de 6 h du matin. Il a décidé de d’abord casser la croûte. C’est sous une encoignure qu’ils se sont assis un collègue et lui. Ils ont sorti les tartines. Quelques minutes après tout explosait

Le 10 mars 1906

par Bernard B

10 MARS 1906 Dans la nuit étoilée et fraîche, bien emmitouflés, la musette pendue à l'épaule, les mineurs affectés au poste du matin gagnent par petits groupes leur fosse respective. Les jeunes devisent gaiement : demain, c'est dimanche. Quant aux plus âgés, ils s'interrogent sur le feu qui couve dans la veine Cécile ; on en parle tant ! Ils ne cachent pas leur anxiété. Arrivés sur le carreau de la mine après avoir passé entre les deux battants d'une haute grille en fer forgé qui y donne accès, l'atmosphère de travail avec ses préliminaires habituels reprend ses droits.