L’inondation du 1er novembre 2008

Déposé le 13/06/2012 | par ihmec2 | sur la catastrophe 2008 - inondations (métropôle)

« Malgré tous nos efforts pour remettre la ville en état, on voyait encore les cicatrices de la crue un an après. » M. Jean-Claude Schalk, Maire d'Andrézieux-Bouthéon (Loire)

 
 

« L’inondation du 1er novembre 2008 a été très soudaine. En réalité il y a eu deux phénomènes successifs : la crue torrentielle du Furan, puis la crue de la Loire. Le Furan est un cours d’eau en provenance de Saint-Etienne, qui se jette dans la Loire à Andrézieux. La crue de cette rivière est en général très rapide en cas d’orage à Saint-Etienne, en une demi-heure l’eau peut monter jusqu’à 4 mètres, et redescend très vite. La crue de la Loire s’est produite le dimanche. Il y avait déjà eu des débits importants auparavant mais en 2008, c’est la hauteur de l’eau qui a surpris tout le monde, avec un mètre au point le plus bas de la commune. Heureusement, les deux inondations n’ont pas eu lieu en même temps sinon les dégâts auraient été fortement amplifiés. »

Conséquences concernant l’atteinte à l’environnement :

« Sur les bords de la Loire, une société de transport avait cessé son activité peu avant l’inondation. Mais il restait une fosse dans laquelle étaient jetées les huiles de vidange, et qui contenait encore des huiles. Lors de l’inondation, ces huiles sont ressorties, et se sont répandues dans tout un quartier. Elles ont pollué une vingtaine d’habitations riveraines de la Loire, des jardins et des terres de maraîchage. Face à l’ampleur de la pollution, les habitants ont été forcés d’évacuer en attendant que la zone polluée soit nettoyée. Le nettoyage a duré 3 semaines : dépollution des terrains, décaissement des jardins sur 30 à 40 cm, nettoyage des maisons au karcher, analyse des sols, des puits, etc. Ce sont principalement les services municipaux qui ont effectué ce nettoyage, en faisant appel à une société extérieure pour venir pomper les huiles. Le pompage des hydrocarbures et les traitements de l’eau ont coûté 162 000 euros à la commune.
Les habitants évacués ont dû attendre au moins 3 semaines avant de pouvoir revenir chez eux. Ils ont été pris en charge par la mairie durant les premiers jours, puis étaient logés à l’hôtel ou chez des amis. Les habitants ont assigné la société en justice et la mairie a procédé à un recours devant le tribunal administratif pour se faire indemniser.
Mais il n’y a pas que les entreprises qui polluent quand il y a une crue, il y a toujours le risque que les produits domestiques soient emportés. Une fuite de fioul s’est notamment produite chez des particuliers, polluant ainsi deux maisons voisines. »

Conséquences concernant l’atteinte à la vie économique :

« Les zones de maraîchage ont subi de graves dégâts également : tous les légumes sont partis, l’eau avait raviné toute la terre et il n’y avait plus de terre végétale qui constitue l’outil de travail des agriculteurs. Il y avait de grands bancs de sable avec des cailloux et des graviers, la Loire avait tout emmené.
Parmi les quelques entreprises impactées par l’inondation, deux artisans et des restaurants. L’un d’eux est resté fermé pendant plus d’un mois, car l’eau était arrivée jusqu’au comptoir et les congélateurs, frigos et chambres froides étaient inutilisables.»

Conséquences concernant l’atteinte au fonctionnement des services publics :

« De gros travaux ont dû être entrepris au niveau de la voirie, et concernant un parc en bord de Loire où les allées avaient été endommagées par le ravinement de l’eau, les branches d’arbre et autres embâcles. Le mobilier urbain a été complètement détruit : les bancs, poubelles et tables ont été arrachés ou emportés par l’eau. Le retour à la situation d’avant l’inondation a pris quasiment un an pour que tout redevienne normal. Toute l’année 2009 a été consacrée à remettre la commune en état, par petites tranches. »
Sources CEPRI - Guide du Maire

Période

Samedi 01 novembre 2008 au Mercredi 05 novembre 2008

Intensité

4