Témoignages

  • La peur fait partie de moi

    Je m'appelle Nils, j'ai 8 ans. Au début j'ai pas compris pourquoi mes parents faisaient une drôle de tête. Ils étaient tristes et silencieux. Puis, quand ils m'ont parlé de Charlie hebdo et de l'hyper casher, j'ai eu très peur. J'avais peur qu'ils viennent chez nous pour nous tuer. Mes parents essayaient de me rassurer, mais je ne voulais pas les croire. - Ils vont revenir! - Mais non ne t'inquiète pas ils sont morts. Ils ne pourront plus jamais faire de mal à personne. - Oui mais si je rigole quand je regarde un dessin on va me tuer. ... Quand il y a eu la minute de silence à l'école j'ai beaucoup pleuré. J'ai pensé aux morts qui n'avaient rien fait.... Et j'ai pensé à ceux qui sont morts pendant la 1ère guerre mondiale et j'ai pensé à ma mamie qui est morte aussi. Comme je pleurais aussi en classe, la maîtresse m'a demandé ce qui se passait. Je lui ai dit que j'avais peur. Elle à voulu faire un petit point pour nous rassurer. On ne craignait rien dans l'école. Et il y aura toujours des adultes pour nous protéger. Ça m'a fait du bien d'entendre ça. Mon mal être à duré très longtemps. Mes parents m'ont emmené voir Magali, une psy. On a beaucoup parlé. Maintenant je vais bien, mais j'ai toujours peur qu'ils reviennent, eux ou d'autres. J'ai peur d'être séparé de mes parents. Mais je sais que ça fait partie de la vie.

  • ouragan Inez

    Les bâtiments charriés par la poussée puissante, se fracassaient contre les obstacles ou frayaient une brèche et continuaient leur course au milieu des bouillonnements houleux. Les vents enflaient leur voix en un bourdonnement assourdissant, une cacophonie insistante. Puis soudain, c´était l´accalmie. La trombe apaisée, comme essoufflée. Peu d´instants après, cette trêve déjà caduque, le ciel noir couvert d´épaisses nuées se délestait. Des pluies diluviennes, faisant fi des efforts de l´homme pour rationaliser la création, en redéfinissaient les contours, rabotant un morne ou les versants d´une vallée, que les maisons, privées d´assise, dévalaient dans une lente bousculade, se pressant les unes contre les autres comme si elles voulaient s´escalader ou fusionner. La marée de tempête se transformait en une marée de boue, charroyant des lambeaux de vie durement gagnée : les restes à peine identifiables de ce qui fut une case, un bayou ou une desserte, des électroménagers, des frigidaires, des voitures… Parfois, en butte à la violence des éléments, la tête d´un bouquet´ émergeait de l´eau, éperdue, disparaissait pour réapparaitre quelques mètres plus loin , la bête solitaire se débattant, puis, épuisée, se laissant à nouveau submerger, engagée dans un combat millénaire contre les météores, lutte inégale, perdue d´avance. Cette alliance de l´eau et du vent, sans cesse renouvelée au-dessus du fermenteur océan était comme une fatalité qui s´acharnait sur l´Archipel de la Guadeloupe...

  • "Un grand boum m'a réveillé"

    Jérôme V est un habitué de la départementale 17, où s'est produit un accident meurtrier entre un car et un camion vendredi matin dans un virage particulièrement serré à hauteur de la commune de Puisseguin.

 

La peur fait partie de moi

par spettens
texte de Nils 7 ans en 2015

Je m'appelle Nils, j'ai 8 ans. Au début j'ai pas compris pourquoi mes parents faisaient une drôle de tête. Ils étaient tristes et silencieux. Puis, quand ils m'ont parlé de Charlie hebdo et de l'hyper casher, j'ai eu très peur. J'avais peur qu'ils viennent chez nous pour nous tuer. Mes parents essayaient de me rassurer, mais je ne voulais pas les croire. - Ils vont revenir! - Mais non ne t'inquiète pas ils sont morts. Ils ne pourront plus jamais faire de mal à personne. - Oui mais si je rigole quand je regarde un dessin on va me tuer. ... Quand il y a eu la minute de silence à l'école j'ai beaucoup pleuré. J'ai pensé aux morts qui n'avaient rien fait.... Et j'ai pensé à ceux qui sont morts pendant la 1ère guerre mondiale et j'ai pensé à ma mamie qui est morte aussi. Comme je pleurais aussi en classe, la maîtresse m'a demandé ce qui se passait. Je lui ai dit que j'avais peur. Elle à voulu faire un petit point pour nous rassurer. On ne craignait rien dans l'école. Et il y aura toujours des adultes pour nous protéger. Ça m'a fait du bien d'entendre ça. Mon mal être à duré très longtemps. Mes parents m'ont emmené voir Magali, une psy. On a beaucoup parlé. Maintenant je vais bien, mais j'ai toujours peur qu'ils reviennent, eux ou d'autres. J'ai peur d'être séparé de mes parents. Mais je sais que ça fait partie de la vie.

ouragan Inez

par ilene desabymes

Les bâtiments charriés par la poussée puissante, se fracassaient contre les obstacles ou frayaient une brèche et continuaient leur course au milieu des bouillonnements houleux. Les vents enflaient leur voix en un bourdonnement assourdissant, une cacophonie insistante. Puis soudain, c´était l´accalmie. La trombe apaisée, comme essoufflée. Peu d´instants après, cette trêve déjà caduque, le ciel noir couvert d´épaisses nuées se délestait. Des pluies diluviennes, faisant fi des efforts de l´homme pour rationaliser la création, en redéfinissaient les contours, rabotant un morne ou les versants d´une vallée, que les maisons, privées d´assise, dévalaient dans une lente bousculade, se pressant les unes contre les autres comme si elles voulaient s´escalader ou fusionner. La marée de tempête se transformait en une marée de boue, charroyant des lambeaux de vie durement gagnée : les restes à peine identifiables de ce qui fut une case, un bayou ou une desserte, des électroménagers, des frigidaires, des voitures… Parfois, en butte à la violence des éléments, la tête d´un bouquet´ émergeait de l´eau, éperdue, disparaissait pour réapparaitre quelques mètres plus loin , la bête solitaire se débattant, puis, épuisée, se laissant à nouveau submerger, engagée dans un combat millénaire contre les météores, lutte inégale, perdue d´avance. Cette alliance de l´eau et du vent, sans cesse renouvelée au-dessus du fermenteur océan était comme une fatalité qui s´acharnait sur l´Archipel de la Guadeloupe...