Le risque de rupture des digues de la Loire

Déposé le 13/06/2012 | par ihmec2 | sur la catastrophe 1856- inondation (Loire)

« Il ne s’agit pas de dire « Je suis en danger », mais plutôt « Je fais les choses en tenant compte de ce risque, et je veille par ma façon d’agir à ne pas augmenter le risque d’une future inondation. Est-ce que parce qu’on ne l’a pas vécue, on doit la nier ? » Mme Marie-France Beaufils, Maire de Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire)

 
 

« A Saint-Pierre-des-Corps, l’inondation peut être causée par la rupture d’une digue. En 1856, il y a eu deux mètres d’eau sur une bonne partie de la commune, excepté sur le plateau ferroviaire qui est surélevé. Mais aujourd’hui en cas d’alerte, il faudra faire évacuer toute la population. Il est important pour moi d’analyser les conséquences qu’une inondation peut avoir sur un territoire pour anticiper ce qu’il faut faire pour prévenir le risque dans ma commune. Le relevé historique c’est une chose, mais ça ne suffit pas toujours pour percevoir l’impact global d’une inondation. »

Sur les conséquences en termes d’atteinte à la sécurité de la population :

« A partir du moment où l’on a plus de 48h pour inviter les gens à partir, on doit pouvoir faire en sorte que la population aille se mettre à l’abri sans être en danger. A Saint-Pierre-des-Corps, l’ensemble des habitants serait concerné par une inondation, soit 16 000 personnes. Du fait que le territoire de la commune est quasiment 100% en zone inondable, aucune maison de retraite n’est autorisée sur le territoire de la commune. Il existe seulement un foyer-logements sans habitat au rez-de-chaussée qui héberge 60 personnes, et de nombreuses personnes aidées à domicile. Il faudra les faire évacuer en cas d’inondation, et cela sera sans doute plus difficile que si elles étaient en maison de retraite.
Par ailleurs, on ne peut pas concevoir de dire à tous les habitants le long de la Loire qu’ils ne peuvent plus vivre dans le val. A mon avis, il faut traiter le problème de l’exposition des populations au risque en réfléchissant aux conditions dans lesquelles les gens peuvent habiter dans le val de Loire. Puis se poser la question de ce qu’il faut gérer en amont pour que les gens reviennent plus vite vivre chez eux, et que la durée d’hébergement provisoire soit la plus faible possible.
L’atteinte à la sécurité de la population lors des inondations du Gard et de la tempête Xynthia sont des expériences auxquelles nous sommes sensibles à Saint-Pierre-des-Corps, nous qui n’avons jamais vécu d’inondation mais qui sommes soumis au risque de rupture de digue, pour anticiper les éventuelles difficultés au moment de la crise. »

Sur les conséquences en termes d’atteinte à la vie économique :

« La moitié de la commune héberge des entreprises de logistique, de production, de stockage de gaz et hydrocarbures, de nombreux commerces et la SNCF. On compte environ 3 000 cheminots, 600 employés chez Primagaz et Liotard, 500 personnes travaillant au centre commercial et dans le centre-ville ... Au total, ce sont 11 000 emplois qui sont concernés par le risque d’inondation à Saint-Pierre-des-Corps. Certaines entreprises s’adaptent au risque d’inondation, comme Gault et Frémont, un fabricant d’emballages alimentaires qui souhaitait préserver ses stockages de papier, et à qui nous avons conseillé de surélever ses quais pour être au niveau de la cote de la dernière crue. La direction de l’entreprise s’y est conformée après avoir estimé le gain que cela pouvait représenter au regard des coûts générés par les dommages en cas d’inondation. Le technicentre de la SNCF a également réalisé un diagnostic industriel et a élaboré un plan d’organisation en cas d’inondation.

Eléments de discours sur l’importance de la prévention :

« En tant que maire, veiller à ce que la population et les entreprises aient une bonne connaissance du risque, est un point qui me paraît très important. Le risque zéro n’existe pas, et le non-retour d’une crue non plus. Je suis consciente du fait que malgré les protections, il peut toujours y avoir des risques, il n’y a d’ailleurs pas beaucoup de territoires en France que l’on peut complètement protéger.
Par conséquent, il faut aménager notre territoire pour réduire sa vulnérabilité ; par exemple faire en sorte que tout ce que l’on construit soit le moins dégradé par la stagnation de l’eau. C’est tout un travail réalisé en amont pour avoir des biens dans lesquels les gens pourront revenir le plus vite possible après la catastrophe. »
Sources- CEPRI- Guide du Maire

Période

Mardi 13 mai 1856 au Lundi 02 juin 1856

Intensité

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