Isolé par la crue de 1940

Déposé le 06/03/2013 | par MAYANE | sur la catastrophe 1940- inondations (Pyrénées Orientales)

Retranscription des notes personnelles de M. B. recueillies en avril 2012 : Explications météorologiques de l'inondation de 1940 et témoignage d'un habitant de St Laurent de Cerdans.

 
 

Il y a quelques décennies le journal "l'Indépendant" publia un article consacré à ce sujet.
1/ Le 16 octobre 1940 une dépression venue de Mauritanie longea les côtes marocaines, franchit le détroit de Gibraltar en direction des îles Baléares.
2/ Une autre dépression venue du Portugal traversa l'Espagne au sud des Pyrénées et se dirigea vers Barcelone.
3/ Un anticyclone ce jour-là se forma en Italie du Nord et protégea le bassin méditerranéen jusqu'à Narbonne, empêchant les deux dépressions du sud et de l'ouest qui s'étaient rencontrées aux Baléares de continuer leur route vers les Cévènnes et la vallée du Rhône.
4/ Lorsque les deux dépressions se trouvèrent bloquées, elles s'engouffrèrent dans la baie de Rosas vers la France en direction du haut-Vallespir et de la chaîne du Canigou. Poussées par des vents violents, elles se réactivèrent au fur et à mesure drainant des masses d'eaux considérables. Il tomba 1050 millimètres d'eau par mètre carré en 24h au chalet du Canigou; 1025 à St Laurent de Cerdans, 820 à Serralongue et Lamanère, 800 à Prats de Mollo. Les villages de Prats de Mollo, du Tech, d'Arles sur Tech, d'Amélie les Bains et de Vernet les Bains furent particulièrement éprouvés en pertes humaines et en dégâts matériels.

Il raconte : "Routes, ponts et usines électriques furent emportées. Nous restâmes sans moyens de locomotions et il fallait se déplacer à pied jusqu'à Arles sur Tech. Nous fûmes pendant six mois privés d'électricité et contraints de nous éclairer pendant les longues nuits d'hiver avec des bougies, des lampes électriques, à pétrole, à carbure etc.
D'autre part pendant l'inondation, les gendarmes et les douaniers firent appel aux jeunes de mon quartier pour les aider à surveiller les endroits dangereux. Ainsi avec mes camarades nous fûmes témoins des scènes d'effroi et d'épouvantes de gens juchés sur les toits ou aux fenêtres des étages supérieurs de leurs maisons encerclées par les éléments déchainés. Ils nous appelaient en vain à leur secours. Ils furent sauvés quand s'amorça la décrue.
Ensuite pour le ravitaillement nous devons remercier les muletiers espagnols qui travaillaient dans les différentes entreprises forestières de s'être mis au service des populations isolées. Ils se frayèrent des chemins à travers les éboulis et avec leurs mulets ravitaillèrent les villages en denrées et produits de première nécessité.
En résumé c'est un souvenir tragique et douloureux de ce lointain passé qui restera à jamais gravé dans ma mémoire."

Période

Mardi 15 octobre 1940 au Vendredi 18 octobre 1940

Intensité

5

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