glissement de terrain (Serrières)

La pluviosité exceptionnellement élevée des derniers mois de 1935 et qui a persisté en janvier 1936 a provoqué dans tous nos bassins fluviaux les inondations que l'on sait. La Savoie, pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons, n'avait cependant nulle part enregistré de crues désastreuses jusqu'à l'éboulement de boue qui, le 17 janvier 1936, a désolé la petite commune de Serrières en Chautagne.

 

Les témoignages

Les images

Carte postale ancienne
Carte postale ancienne

Détails

Aussitôt alertés, le Conservateur des Eaux et Forêts à Ghambéry et l'Inspecteur du Service des Reboisements se sont rendus sur les lieux.
Voici, après plusieurs visites détaillées, le compte rendu qu'a pu établir M. l'Inspecteur des Forêts Messines du Sourbier.
Serrières se trouve à l'extrême limite Nord du département de la Savoie, sur la route nationale d'Aix-les-Bains à Seyssel et sur la rive gauche du Rhône, au bord des marais de Ghautagne. L'altitude du chef-lieu est de 260 mètres. Cette commune de 750 habitants, dispersée en plusieurs hameaux, est située sur le versant Ouest de la montagne du Gros Foug, dont le point culminant atteint la cote 1060. Le chef-lieu de canton, Ruffleux, est à 4 kilomètres du village. Aix-les-Bains, plus au Sud, est distant de 23 kilomètres.
Le vendredi 17 janvier, vers 7 heures du matin, au cours d'une forte averse, un paquet de blocs et de terre mélangée d'eau se détachait du plateau de Marête, à la cote 430, et en moins de 5 minutes •se déversait brutalement sous forme d'une lave qui, vers le bas, se divisait en plusieurs coulées de boue. L'une d'elles, au Nord, atteignait le chef-lieu, détruisant complètement ou endommageant une vingtaine de bâtiments; une scierie et un moulin, une minoterie, plusieurs autres maisons étaient emportées. Des villas, la fruitière du vWlage, un garage d'automobiles, d'autres bâtiments étaient partiellement détruits. Une autre coulée, au Sud, détruisait plusieurs écuries, des granges et diverses maisons du village des Denis. Les eaux et la boue venaient se perdre ensuite dans les marais, à 260 mètres d'altitude. La route nationale était coupée en plusieurs endroits. Au-dessus des agglomérations, à la cote 360, le chemin vicinal ordinaire n° 50 était recouvert sur une largeur de 180 mètres. Sur le plateau de Marête, la route neuve de Venaise, c'est-à- dire le chemin vicinal ordinaire n° 3, n'a pas été coupée, mais menace de l'être si le glissement s'amplifre; 6 à 7 hectares de terrain ont été emportés ou recouverts par la lave. Des vignes ont été arrachées et des jardins détruits. Du bétail a été enseveli ou dut être abattu. Mais, étant donné la rapidité de la catastrophe et les circonstances dans lesquelles elle s'est produite, les victimes auraient pu être nombreuses. Heureusement, aucune mort d'homme n'est à déplorer. Malgré l'affolement dans. le village privé de lumière, les secours furent organisés immédiatement. Le Préfet, les Ingénieurs des Ponts et Chaussées, les Officiers des Eaux et Forêts, la Gendarmerie et la troupe arrivèrent sur les lieux dans la matinée même. Aux équipes d'ouvriers civils se joignirent des détachements de 80 chasseurs du 13e B. G. A. et de 20 sapeurs du génie. Les dégâts sont trop importants pour qu'une remise en état soit immédiate. Postiers, électriciens ont rétabli les lignée téléphoniques et électriques. La route nationale a été dégagée après 4 à 5 journées d'interruption de trafic. Mais la réparation des dommages subis par les particuliers sera longue et les sinistrés ne pourront en venir à bout sans le concours financier de l'Etat.

Type de risque

risque naturel

Nature de l'évènement

glissement de terrain