Grippe aviaire (France)

À l’annonce de l’arrivée en Europe du virus H5N1 en octobre 2005, la crainte d’une possible transmission de ce virus à l’homme entraîne une chute de la consommation de volaille.

 

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Mais les mécanismes économiques à l’œuvre sont très spécifiques car, contrairement aux filières bovine et ovine, le cycle de production est plus court et la filière est intégrée : les agriculteurs élèvent des volailles pour le compte de coopératives ou de fabricants d’aliments du bétail et les prix d’achat sont fixés par contrat.

La consommation de volaille des ménages mesurée par les achats dans le commerce de détail baisse de 8 % de novembre 2004 à novembre 2005. Contrairement aux bovins, les volailles ne peuvent être maintenues dans les ateliers d’engraissement et les abattages ne diminuent pas. L’ajustement de l’offre à la baisse de la demande ne peut se faire qu’après l’abattage : par une hausse des stocks dans les abattoirs, ou à différents niveaux dans la filière, ou par davantage d’utilisations industrielles (plats préparés, conserves, surgelés). De ce fait, la consommation « intérieure » de volaille fléchit à peine au quatrième trimestre. En revanche, pour réduire l’offre de viande, les éleveurs diminuent les mises en place de poussins dès novembre.

En février 2006, la crise s’intensifie avec la découverte du virus dans un élevage de dindes français. Une quarantaine de pays décident un embargo sur les volailles françaises. La seule consommation des ménages en volaille chute à nouveau. Elle est inférieure d’environ 7,5 % au niveau de mars 2004. Mais la filière souffre surtout de l’effondrement des exportations qui n’atteignent plus la moitié de leur niveau de 2005. Toutefois, grâce à un cycle de production particulièrement court (45 à 90 jours), la filière s’ajuste rapidement ; la production commence à baisser grâce à la réduction des mises en place de poussins depuis novembre 2005. L’ajustement de l’offre à la demande se fait donc sans hausse des stocks dans les abattoirs.
En juin, la France est à nouveau déclarée indemne et les exportations reprennent. La consommation « intérieure » se rétablit progressivement, se fixant environ 5 % en dessous de son niveau moyen de 2004.