Ouragan Inez (Guadeloupe)

L'ouragan Inez (classe 3 proche de la catégorie 4) a causé 25 morts

 

Les témoignages

  • ilene desabymes | 10/02/2016

    ouragan Inez

    Les bâtiments charriés par la poussée puissante, se fracassaient contre les obstacles ou frayaient une brèche et continuaient leur course au milieu des bouillonnements houleux. Les vents enflaient leur voix en un bourdonnement assourdissant, une cacophonie insistante. Puis soudain, c´était l´accalmie. La trombe apaisée, comme essoufflée. Peu d´instants après, cette trêve déjà caduque, le ciel noir couvert d´épaisses nuées se délestait. Des pluies diluviennes, faisant fi des efforts de l´homme pour rationaliser la création, en redéfinissaient les contours, rabotant un morne ou les versants d´une vallée, que les maisons, privées d´assise, dévalaient dans une lente bousculade, se pressant les unes contre les autres comme si elles voulaient s´escalader ou fusionner. La marée de tempête se transformait en une marée de boue, charroyant des lambeaux de vie durement gagnée : les restes à peine identifiables de ce qui fut une case, un bayou ou une desserte, des électroménagers, des frigidaires, des voitures… Parfois, en butte à la violence des éléments, la tête d´un bouquet´ émergeait de l´eau, éperdue, disparaissait pour réapparaitre quelques mètres plus loin , la bête solitaire se débattant, puis, épuisée, se laissant à nouveau submerger, engagée dans un combat millénaire contre les météores, lutte inégale, perdue d´avance. Cette alliance de l´eau et du vent, sans cesse renouvelée au-dessus du fermenteur océan était comme une fatalité qui s´acharnait sur l´Archipel de la Guadeloupe...

Détails

Le phénomène, puissant, avait suivi une course particulière : épargnant relativement une grande partie de la Grande-Terre, les
rafales à 200 kms/ heure, suivies de pluies torrentielles avaient ravagé la côte au vent de la Guadeloupe et submergé les quartiers populaires des bourgs et des villes. La zone allant de Pointe-à-Pitre à Basse-Terre est la plus touchée.Un bilan officiel de 33 morts (dont 9 disparus en mer), de plusieurs centaines de blessés et de 15.000 sans abris était établi aux lendemains du cyclone. Les équipements et l'économie étaient également durement touchés : bâtiments publics hors d'usage, effondrement des lignes électriques, bananeraies et champs de canne saccagées annonçaient déjà un nouvel effondrement de la production après celui causé par Cléo où la production de banane avait chuté de près de 2/3 par rapport à 1963.

A l'orée de l'année 1967, les conséquences sociales du cyclone Cléo constituent un facteur aggravant de la condition des couches laborieuses de la population guadeloupéenne qui subissait déjà depuis le début de la décennie les effets de la crise de mutation.
Sources lameca.org

Type de risque

risque naturel

Nature de l'évènement

tempête