inondations (Isère)

Entre le 26 et le 31 octobre 1859, le bassin de l'Isère reçoit des précipitations océaniques peu importantes mais continues sur plusieurs jours. Les 31 octobre et 1er novembre des averses plus intenses associées à un redoux subit (19°C à Grenoble, isotherme 0° C à 3000m environ) porté par un vent du sud soutenu entraînent la fonte rapide du manteau neigeux tombé les jours précédents au-dessus de 800m sur les massifs de Savoie et du Dauphiné (1.50m d'épaisseur au-dessus de 1500m.).

 

Les témoignages

  • CM2A et CM2B - Ecole Anthoard - Grenoble | 05/07/2013

    La crue de 1859

    "M. X nous a expliqué comment s’est déroulé cet événement. Il nous a appris qu’en 1859 l’Isère a inondé Grenoble en partie. Le seul endroit de Grenoble à ne pas être inondé est la Place Aux Herbes car elle est plus haute que le reste. C’est un micro relief."

Détails

Dans la nuit du 1er au 2 novembre, l'Isère déborde violemment tout le long de son cours. A Moutiers, elle éventre deux digues, envahit plusieurs maisons en s’élevant parfois jusqu'au premier étage. Dans la combe de Savoie, le pont Albertin est emporté, la route de Grésy-sur-Isère à Aiton est coupée. Les eaux recouvrent les champs sur plus de 16 km dans le secteur A l'amont de Grenoble, de nombreuses digues érigées par les riverains sont rompues et emportées. Les courants ravagent les terres agricoles engravent les terrains. La vallée du Grésivaudan est submergée sur plus de 80 km. L’évacuation des eaux prendra plusieurs jours, voire plusieurs semaines dans les points bas.
A Grenoble-même, l'Isère atteint la cote 5.40 m à l’échelle du pont de pierre le 2 au matin. Tout le territoire en dehors des enceintes est recouvert jusqu'aux abords de la gare. En ville l'eau "sortait de tous côtés par le sol, par les canaux et les égouts". La ville est inondée à la fois par les débordements directs du lit et par les écoulements provenant de l’amont. Les hauteurs d’eau dans la ville atteignent et dépassent le mètre dans plusieurs quartiers : 1.32 m place Vaucanson, 1.44 m rue Montorge et jusqu'à 1.8 m au cimetière. Les caves et rez-de-chaussée sont inondés et les pertes de marchandises sont considérables. Des radeaux sont construits à la hâte par les habitants. Les courants sont puissants le long des remparts à l'intérieur de la ville où l’on a de la peine à se déplacer, voitures et chevaux sont emportés. Plusieurs immeubles situés à proximité de l’Isère s'effondrent. Les fortifications connaissent d’importants affouillements et la plupart des canalisations sont détruites. En dehors des remparts, le quartier de l'Ile Verte est submergé sous plusieurs mètres d’eau. En aval de Grenoble, toutes les digues sont rompues et la rivière se trace un nouveau lit jusqu'à Voreppe. Isère saute sous St-Robert et se trace un nouveau lit jusqu'à Voreppe. Toutes les digues sont rompues. Le chemin de fer est submergé à St-Egrève. La forte mobilisation des habitants et de l’armée sur les ouvrages permet d’éviter le pire. Le 2 novembre au soir, le niveau des eaux de l'Isère à Grenoble atteint son maximum : 5.45 m au - dessus de l'étiage. Les hauteurs d'eau resteront importantes le 3 novembre : 4 m à 8h et 3 m à 20h. Le débit de pointe de l'Isère est estimé à 800 m³/s à l'amont de la confluence avec l'Arc, 1890 m³/s au pont de la Gâche à Pontcharra (pour une hauteur de 4.70 m) et 1800 m³/s à Grenoble.
Au total, 38 communes sont sinistrées, 8 décès sont à déplorer et les dégâts aux infrastructures estimés à l’époque à 620 000 francs or, dont 116 000 francs pour Grenoble. Cet événement restera la crue de référence sur l'Isère (période de retour estimée à 200 ans). De lourdes dépenses sont engagées au cours des années 1860, notamment en Combe de Savoie, en Grésivaudan et au passage de Grenoble pour consolider, aligner ou exhausser les digues.

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Les ressources

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Type de risque

risque naturel

Nature de l'évènement

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